LANCIA PU+RA HPE CONCEPT (2023) : LA RENAISSANCE PAR L’éLéGANCE

Il y a sept ans disparaissait Lancia en France et quasiment partout ailleurs excepté à l’intérieur de ses frontières d’origine, l’Italie. La marque revient dans six pays européens en 2024 et le concept Lancia Pu+Ra HPE se présente comme le manifeste de ce qu’elle nous réserve pour les dix prochaines années. Outre son caractère électrique, retrouvera-t-on néanmoins davantage que des clins d’œil à ce prototype en série ?

Après une pause de près de huit ans entamée en 2016 lorsque Lancia n’était pas au meilleur de sa forme, avec à son catalogue une unique Ypsilon vieillissante, la marque italienne veut renaître de ses cendres en 2024, en commençant par le renouvellement de cette citadine Ypsilon, qui grandira quelque peu pour l’occasion. Avant d’en savoir plus sur cette dernière, Lancia présentait à l’ambassade d’Italie à Paris le concept annonciateur de la direction de la firme transalpine pour les dix prochaines années : le Pu+Ra HPE, associant des termes italiens et anglais signifiant « pure, radicale, haute performance électrifiée ».

Les trois côtés du triangle

Pour ce retour, trois nouveaux modèles sont déjà planifiés. Leurs sorties interviendront à des intervalles de deux ans. L’électrique sera sur le devant de la scène comme c’est le cas dans l’ensemble du groupe Stellantis. L’Ypsilon sera cependant également disponible avec un moteur thermique an alternative. En 2026, la Gamma viendra lui prêter main forte, probablement sous la forme d’une berline comme le modèle des années 70, ou bien d’un SUV mélangeant les genres pour coller à la tendance. À partir de cette date, seuls des modèles 100 % électriques s’ajouteront à l’offre. En 2028, l’Ypsilon thermique en sortira et Lancia sera une marque fonctionnant complètement sur batteries. Le troisième modèle fera son apparition en même temps : la Delta.

La lettre grecque inspire en tout cas déjà le concept Pu+Ra HPE, puisque sa calandre forme une pointe à trois segments lumineux dont l’insert noir supérieur au traitement miroir reprend une découpe triangulaire, à la manière d’une voile de deltaplane. Tout le design s’inspire du domaine artistique, italien forcément et ses grands maîtres de la Renaissance, la marque évoquant ni plus ni moins que Léonard de Vinci. On ne pourra, quoi qu’il en soit, pas lui enlever une vraie recherche autour de la géométrie, entre volumes aux angles saillants, lignes droites et implantations circulaires subtiles, au niveau de l’ouverture du toit, en partie centrale d’un pavillon intégralement vitré ou en guise de feux à LED, avec ces deux anneaux qui semblent supporter avec finesse tout le poids d’un becquet massif, en appui sur le bouclier arrière. Entre les deux, le lettrage « Lancia » paraît flotter, comme projeté en lévitation.

En revanche, difficile d’y voir une petite Ypsilon des villes ni une berline compacte telle que la Delta. Cet objet roulant ressemble plutôt à un agrégateur d’idées pour l’avenir du style Lancia.

Création de l’ambiance à l’italienne

Le marché du constructeur s’étendra donc à la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas et le Portugal. 6 pays et 70 points de ventes dans 70 grandes villes européennes, 20 en France pour l’arrivée de l’Ypsilon, 25 prévus d’ici fin 2025, bien que la stratégie consiste à construire un modèle commercial pour moitié digital. Ces points de vente seront avant tout des lieux d’accueil pour véhiculer l’image de la marque. 50 formations pour les équipes de vente sont prévues afin de leur apprendre l’esprit et la culture italiens, qui régneront dans les « showroom ». Il est vrai qu’avec un seul modèle à faire valoir pendant deux ans, au-delà de l’importance des qualités requises par ce modèle pour convaincre et faire patienter jusqu’au suivant, il faudra d’autres raisons pour inciter à s’intéresser à la marque.

Mobilier, café, atmosphère, plus que des concessions, ce seront de vrais salons nommés « Casa Lancia », voulus « qualitatifs, épurés et élégants ».

La même élégance annoncée pour les produits de la gamme, dont l’objectif est de se replacer plus nettement sur le segment de l’automobile premium. Et si l’intérieur du concept habillé d’épaisses moquettes, d’assises de semi-baquets à dossiers droits signés du spécialiste italien du mobilier Cassina, de surfaces quasiment toutes faites d’Alcantara, de deux tables rondes flottantes avec surface tactile idéales pour y poser sa tasse à café comme dans son salon, ou encore d'un large écran inclinable constituant à lui seul la planche de bord, le tout encerclé par des inserts de boiseries striés et rétroéclairés, sous un dôme de lumière naturelle apporté par le toit vitré, il faudra attendre la première version de série pour mesurer à quel point les futures Lancia mériteront leur statut premium.

Un positionnement minutieux

D’autant qu’au sein du groupe Stellantis, deux autres marques (Alfa Romeo et DS Automobiles) sont déjà orientées vers l’univers premium tandis que Peugeot a sérieusement augmenté ses standards de qualité à l’intérieur pour s’en approcher sur plusieurs modèles. Là où le dernier Tonale d’Alfa Romeo ne répond pas à toutes les exigences requises en termes de personnalisation ou de choix des matériaux à bord. L’exercice n’est donc pas aisé. Où se positionnera Lancia en arrivant après avec une auto de petit format ?

Lors de cette présentation parisienne, une grande insistance ressortait autour de l’élégance. « DS pour l’aspect luxueux, Lancia pour l’élégance. » Donc moins de luxe ? En tout cas une marque décrite comme accessible technologiquement, que l’on pourrait traduire par une ergonomie simple à travers des lignes épurées. Dans son riche passé, Lancia piochera donc surtout du côté de la distinction plutôt que du sport et ses immenses succès, en rallye principalement, laissant l’aspect dynamique à Alfa. Mais revenir en laissant un peu de répit à une motorisation thermique pour ses premières années de service, est déjà une décision assez élégante.

2023-09-18T09:14:00Z dg43tfdfdgfd